The Wire(Sur écoute) Saison 01 a 05 VOSTFR HD 720P

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 The Wire(Sur écoute) Saison 01 a 05 VOSTFR HD 720P

Résumé : Quand la police s’efforce de démanteler un réseau tentaculaire de trafic de drogue et du crime à Baltimore.

Note 9,4/10 : Sur écoute est une série…… ouais je sais, ça fait cligner des yeux, non mais c’est clair, je suis d’accord de toute façon, donc si vous voulez bien me pardonner je vais reprendre en corrigeant cette erreur… The Wire (voilà, content ? Moi aussi) est une série qu’on ne présente plus, c’est juste une des séries les plus adulées de tous les temps, dans les sondages ou autres top à propos des meilleurs séries de tous les temps celles qu’on retrouve le plus souvent sont « Les Soprano » et « The Wire ». Etant un sériephile convaincu je me dois de voir les « fameuses » séries importantes de l’histoire du petit écran, j’ai donc vu les deux cités juste au dessus, même si « Les Soprano » m’ont bien déçu, on ne retrouve heureusement pas ses nombreux défauts dans « The Wire ».

Malgré cela je ne suis toujours pas d’accord pour dire que l’une ou l’autre mérite le rang de meilleur série de tous les temps. Pour résumer au plus vite « The Wire » sans entrer dans des détails inutiles, je pourrais dire que c’est une des premières si ce n’est la première série à nous plonger du coté des bons et des mauvais en même temps, tout du long on suivra ces policiers véreux, alcoolos et j’en passe, et d’un autre ces dealer, leurs guns et leurs foutu trop grands tee shirts. Au milieu de ces deux camps nous retrouvons un indépendant si je puis dire ainsi en la présence d’Omar mais je ne dirais rien de plus sur ce personnage qui est sans doute le meilleur de la série.

Episodes : 60
Statut : Série arrêtée en 2008
Réalisateur :
Acteurs : Dominic West, Reg E. Cathey, John Doman
Genre : Drame
Date de diffusion : Première diffusion en France le 08 janvier 2004

Qualité : DVDRiP
Langue : Anglais
Sous-titres : Francais

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Saison 1

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Saison 2

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Saison 3

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Saison 4

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Saison 5

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Critique :

Aujourd’hui on va parler d’un film qui dure cinq saisons, et pour accentuer encore un peu plus la confusion entre les registres, signalons d’emblée que de l’avis de certaines personnes -la critique internationale en général en fait- Sur écoute (The Wire) aurait mérité d’être récompensée par les plus hautes distinctions littéraires. L’action se situe exclusivement à Baltimore chez nous en Amérique, et c’est la ville elle-même qui finit par s’imposer comme étant le vrai protagoniste de la série (c’est ce que tout le monde confirme d’ailleurs dans les bonus des éditions DVD, ok, mais je partage ce sentiment..) tant celle-ci aborde avec la même acuité toutes les strates sociales : des plus hautes-sphères municipales aux coins de trottoirs les plus mal famés. Rien de si étonnant car avant de devenir le producteur et concepteur (et parfois -souvent-) réalisateur de la série, David Simon fût avant tout un journaliste confirmé et The Wire, malgré son format de série télévisée si vous me passez l’expression, s’inscrit absolument dans la continuité de ce travail, aussi pour faire court, laissez-moi vous dire que nous sommes confrontés à quelque chose de plutôt documenté, études sociologiques à l’appui, sans compter la présence non- négligeable de Ed Burns (ancien policier reconverti dans l’éducation – ce qui prendra son sens un peu plus loin) épaulant Simon en ce qui concerne l’écriture, et consultant précieux pour les comédiens. Et si l’on parle de densité narrative en évoquant la série, c’est parce que celle-ci s’impose comme une véritable fresque du XXe siècle, avec la même intelligence et la même complexité que les modèles littéraires auxquels on a tendance à la comparer (la critique américaine évoque Dickens, moi je pencherais davantage pour Dos Passos ou encore l’Outremonde de Don DeLillo -bien que moins échelonné dans le temps) dans sa façon de gérer en parallèle des intrigues multiples ainsi qu’une foule de personnages : on pourrait quasiment dire qu’il n’y a pas de rôles secondaires dans The Wire, même si le point de départ réside en la mise sur pied d’une cellule d’écoute aux basques d’un gangster local, la série sort bien rapidement de son cadre .

Comme je l’ai dit plus haut, la série aborde avec la même équité toutes les strates sociales – souvent à la lisière du documentaire même – aussi nous sont présentés dans un premier temps les coulisses et les mécanismes de fonctionnement de chaque camp. Ce qui frappe incroyablement dès les premiers épisodes c’est de voir avec quelle aisance l’une des thématiques finit par s’imposer entre toutes, à savoir le rapport à la hiérarchie – j’allais dire « dans sa façon d’être passée au crible » mais non, là elle se fait carrément bizuter. Magie de l’écriture une fois encore (la série laissant la part belle aux dialogues) dès les premières secondes dans le commissariat on assiste à des taillages de short de haute volée qui feront à eux seuls date dans l’histoire de la télévision, et où l’on comprend que chaque nouvelle affaire est une patate chaude qu’on essaie de se refiler suivant son potentiel à faire grimper ou non telle ou telle statistique. Ce haut travail de caractérisation rend la série un peu difficile à décrypter au début mais c’est aussi l’un de ses principaux attraits – notamment quand il s’agit d’aborder un sujet aussi épineux que ce que l’on nomme un peu trop poliment le côté « dysfonctionnel » des institutions. Aussi il sera beaucoup question du décalage entre version officielle et version officieuse, et ne parlons pas de celle des motivations en général. Le langage de la rue n’est pas en reste lui non plus je vous rassure, beaucoup des comédiens pour certains originaires des endroits ici présentés ayant largement étés mis à contribution.

Au final, l’Ensemble demeure plus que crédible.

La première saison aborde assez frontalement le problème de la lutte contre la drogue, tout ça à cause d’une discussion-off entre le Détective Mc Nulty (qui quand il n’exerce pas son métier serait presque aussi dangereux que ceux qu’il est censé attraper, magnifiquement campé par le comédien anglais Dominic West) et un juge à propos de l’immunité juridique du clan Barksdale/Bell (Idris Elba, le commandant très smooth-operator dans Prometheus incarnant ici une pourriture des plus charismatique) ce qui lui vaudra directement un double doigtus (absolument, un sur chaque main) de la part de son supérieur (ambidextre donc) qui n’aime pas qu’on vienne lui expliquer comment faire son boulot qu’il fait très bien à moitié tout seul. Cette petite anecdote conduira à la mise-en-place d’une cellule spéciale dont tout le monde espère qu’elle fera du surplace et qu’on a déjà prévu de dissoudre un peu plus tard, quand le juge en question aura changé de lubie. Il s’avère cependant que l’équipe de bras-cassés en question issus de différentes unités vont se révéler tout à fait complémentaires et qui plus est très performants (sur ce point, Lester Freamont, interprété par Clarke Peters, me ferait presque envisager la série comme une gigantesque préquelle au film crépusculaire de David Fincher, Se7en, tant celui-ci pourrait faire penser au personnage de Morgan Freeman en un peu plus jeune – déformation professionnelle du lecteur de comics pratiquant que je suis, qui envisage l’existence en termes d’« events » et de « cross-over », de « sequels » « prequels » et « origins stories », je m’en excuse). Au vu des interactions dès les premiers épisodes j’ai cru voir le Dieu Scénario revenir à la vie sous mes yeux, me faisant quasi renouer avec mes premiers émois télévisuels, à l’époque de Hill Street Blues sur la 5. Mais The Wire fera bien plus que convoquer cette magie que je croyais disparue à jamais, elle imposera son identité en enchaînant morceaux sur morceaux d’anthologies.

La deuxième saison déplace son cadre à la source de la filière, à travers le quotidien des travailleurs portuaires, où un tragique accident, la découverte de jeunes filles destinées à une réseau de prostitution étouffées dans un container de livraison ouvert trop tard, mettra à jour le lien entre les syndicats et les gangs. Là encore viendront s’ajouter pléthore d’inconnus talentueux (Ziggy père et fils, entre autres) soutenant magistralement (repeating, magistralement) les dialogues ciselés de Burns et Simon et source à nouveau de moments d’émerveillements nostalgiques de la part de votre serviteur qui se croit à nouveau retourné dans les années 80, au temps des meilleurs épisodes d’Un flic dans la mafia, une autre série policière spécialiste absolue des sorties de registre et des personnages « annexes » incandescents -où notamment Tim Curry et Kevin Spacey (à ses débuts) sont venus faire des étincelles – et, oui, je tenais à nouveau à faire ce genre de comparaison.

La troisième saison enfonce le clou avec une audace insoupçonnable : un lieutenant , au bord de la retraite, vaguement entre-aperçu au cours de la saison précédente, lassé par la bureaucratie autant que par les horreurs qui fomentent son quotidien tente de régler les choses à sa manière sans rien demander à personne en confinant les zones de deal à un seul et unique quartier (rebaptisé « Hamsterdam ») en ne sanctionnant pas le trafic et en maximisant également la Prévention. Et ça fonctionne !! Nul doute que la hiérarchie ne verra pas l’initiative d’un très bon œil mais l’action aura tout du moins mis le pied à l’étrier à l’ascension d’un jeune procureur, un peu ambitieux certes, mais pas des plus mal intentionné (Aidan Gillen -le fucking motherfuck sunnuva qui a eu la tête de Ned Stark dans une autre vie). L’équipe de Mc Nulty elle, continue d’être ballotté de Charybde en Scylla, car tandis que le clan Barksdale se désagrège de l’intérieur, un jeune caïd plutôt affûté du nom de Marlo Stanfield prend la relève de façon redoutable.

Ni une ni deux nous voici devant la quatrième saison qui atteint là de véritables sommets, si c’était encore possible après les hauteurs vertigineuses à laquelle elle nous avait pourtant déjà bien habituée: poussé à la retraite anticipée, notre Lieutenant n’en reste pas là, inspiré par sa rencontre avec un sociologue il mettra sur pied un programme scolaire expérimental de remise-à-niveau pour les adolescents à problèmes – dans l’établissement où un ancien collègue de Mc Nulty enseigne désormais les mathématiques (ici transparaît de nouveau l’expérience de Ed Burns), ce qui nous permettra de nous intéresser au parcours de quatre adolescents à la croisée des chemins (mention spéciale pour les comédiens une fois de plus), tiraillés entre les perches nouvelles qui leur sont offertes et l’appel de la rue à la fatalité inexorable.

La dernière saison viendra mettre l’accent cette fois sur les interactions entre pouvoir et média avec une immersion dans les locaux du Baltimore Sun, la presse locale, et nous verrons enfin se terminer le règne de Marlo Stansfield, qui ne serait certainement pas advenu si Mc Nulty n’avait eu soudainement l’envie de se faire cuire une grosse, très grosse omelette…

Alors c’est très difficile de contempler la perfection sans être aveuglé par elle, je reste absolument convaincu qu’un critique doit avant tout travailler en fonction de ce qu’il a sous les yeux plutôt que sous le dictat des attentes de ce qu’il aurait aimé voir, mais après tout ces différences subjectives sont aussi ce qui avait avancer le médium parfois, donc c’est parti j’me lance : malgré l’ampleur et la qualité de ce qui nous est dépeint, j’ai cru subodorer un léger, léger brin de « manichéisme tranché» dans la façon dont les frontières sont tracées entre les deux camps. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, les personnages sont incroyablement nuancés, et ce dans nombre de registres, mais si on nous montre un flic impatient de casser de la caillera, il n’ y en aura jamais un qui essaie de se mettre à leur place et de considérer leurs conditions de vie, l’inverse est valable également pour les « corner boys » qui n’envisagent jamais l’Autorité autrement que comme un ennemi… Le réalisme, ainsi que le côté absolument inextricable de certaines situations qui nous sont montrées sont déjà suffisamment asphyxiants pour rajouter en plus par exemple un travailleur social, un flic ou un prof qui enverrait tout péter en se disant « à quoi bon ? » car c’est typiquement le genre de comportement que la série cherche absolument (je crois) à éviter de générer, le Monde étant déjà suffisamment sans espoir comme ça. Mais avec une telle rigueur dans sa recherche d’objectivité, on se surprend à trouver absente cette position dans laquelle tout un chacun a le plus de chances de se reconnaître et qui mériterait d’être au moins soulevée.. Toutefois ce que je vous ai dis ici reste définitivement à prendre avec des pincettes, tant le spectrum balayée par la série, et avec quelle virtuosité, demeure à ce jour encore sans égal. Ce que la série ne manque pas de souligner par contre – et en soi c’est plutôt effrayant- c’est surtout que les deux camps opposés ne sont pas si différents : refusez de faire ce qu’on vous dit, et vous serez brisé.

S’il ne faut pas être surpris outre-mesure par l’audace de la série en se posant comme autre chose qu’un divertissement, (c’est une production HBO) la réponse de la profession – et des Institutions hein pourquoi pas, ça s’adressait aussi à eux – fût à l’image de ce que le réalisateur ne cesse de pointer du doigt: le déni total de la part des responsables concernés. Malgré une critique unanime, à peine une ou deux récompenses pour David Simon, rien pour les comédiens ni pour la série en elle-même. Une telle réaction, en six ans, pourrait être vue comme l’amorce d’un phénomène qui n’en finit pas de se vérifier à l’aube de ce nouveau millénaire : ni plus ni moins que les limites de l’expression. Où l’ Art ne peut plus être critique, on ne le lui permet pas (- c’est dans le sens de la vague ou c’est rien –) et je ne crois pas que Dany Boon viendra ici me détromper. Pire encore, la série montre bien que c’est presque aux citoyens de faire le travail ordinairement échu aux Institutions, sans aucune gratification à attendre et voire-même au péril de leur propre vie. Et de constater qu’à chaque fois que la pensée s’organise en un propos soutenu, qui plus est par des faveurs d’opinion massive, elle n’en soit que d’autant plus ignorée, aussi curieusement qu’un gouvernement mis au pied du mur quand aux issues sociales, se mette aussitôt à se trouver des nouvelles croisades à mener quelque part à l’autre bout du monde. La série s’achevait en 2008 (-et n’en doutez pas la question posée par David Simon n’était rien d’autre que celle-ci « Maintenant qu’on a une vue assez globale du problème, qu’est-ce qu’on attend ? »), il est des plus déplorable que succède à cette brillante proposition de dialogue un climat anxiogène et instable, propice pourtant aux remises en question, mais qui assurément ne l’est pas.

En attendant donc que la contestation revienne à la mode, cela n’enlève rien à l’engagement de Simon dont on a tout de même qualifié le travail « d’œuvre à l’ampleur shakespearienne » et comme étant « digne des plus grands Maîtres Anciens de la Tragédie » et qui depuis, vient de terminer une autre série, pour HBO toujours, en quatre saisons cette fois, intitulée Treme, se déroulant à la Nouvelle-Orléans, au lendemain des ravages laissés par l’ouragan Katrina. Il n’empêche que The Wire demeure cependant à ce jour aussi emblématique dans l’histoire des séries TV que certaines œuvres cultes telles que Le Prisonnier ou Twin Peaks : Dieu Merci on y croise aujourd’hui quelques uns de ses comédiens dans d’autres hits contemporains (Aidan Gillen dans Game of Thrones ; Chad Coleman et Lawrence Gilliard Jr dans The Walking Dead ; Clarke Peters dans True Detective) prouvant qu’il y a bel et bien une vie après cette série tacitement désavouée, car pour un comédien ayant ça dans son CV, s’avère au contraire la marque d’un talent confirmé . Preuve encore de son influence, on omet jamais de la citer en exemple, à la première occasion, voire encore très récemment, dès les premiers épisodes de The Leftovers. Ses qualités d’écriture, d’interprétation et de réalisation ont contribué à alimenter le débat sans fin (poursuivi aujourd’hui encore avec True Detective, mais qui se posait déjà à l’époque de Oz ou de The Sopranos) à savoir si la télévision n’aurait pas finalement pris le dessus sur le cinéma, dans sa façon de brasser des thématiques denses, et surtout de développer les ambiances et espaces narratifs que ces thématiques nécessitent, deux éléments que le cinéma ne peut déjà plus se permettre et qui pourtant ont autrefois contribué à sa grandeur.

The Wire, six ans déjà, une ampleur et un rayonnement qui ne demandent qu’à être passés sous silence, c’est pourquoi il ne faut absolument pas que ce soit le cas.