Replay Violences conjugales, parler pour renaître

Ecrit par mega sur . Publié dans Documentaires & Spectacles


Violences conjugales, parler pour renaître

Résumé : Tous les deux jours et demi, une femme meurt sous les coups de son conjoint.La violence conjugale n’épargne aucun milieu social. Des victimes relatent leur parcours pour se reconstruire avec l’aide de professionnels ou de bénévoles d’associations.Ainsi, à Paris, maître Isabelle Steyer les défend depuis quinze ans.A Bordeaux, Stéphanie, policière, a été formée pour recueillir les plaintes.Et, les malheureuses peuvent faire constater leurs blessures par un médecin légiste du Centre d’accueil d’urgence des victimes d’agression, sans avoir à porter plainte immédiatement.

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Analyse

Le nombre est terrifiant. Cent quarante-huit femmes décédées sous les coups de leur compagnon en France en 2012, soit vingt-huit de plus que l’année précédente. Des crimes qui sont perpétrés sans témoin. Mari, concubin, petit ami… dans neuf cas sur dix, l’homicide est commis au domicile du couple. En Europe, la violence conjugale est la première cause de mortalité des femmes entre 17 et 40 ans. Elle concernerait une femme sur six.En France, chaque année, quelque 70 000 plaintes pour violences conjugales sont déposées. Et ce n’est là que la partie émergée d’un gigantesque iceberg : les femmes battues ne sont que 20 % à franchir le pas des commissariats. Le phénomène touche toutes les classes sociales, mais reste tabou. On ne peut donc que louer France 3 pour la programmation de ce documentaire.

S’EXPRIMER RELÈVE DE LA THÉRAPIE

Pour Coralie, Anne et les autres, s’exprimer relève de la thérapie afin de guérir de situations qui ont parfois duré plusieurs dizaines d’années. Encore faut-il pouvoir accéder à cette parole. En effet, les victimes doivent d’abord prendre conscience que ce qu’elles vivent n’est pas normal, et qu’elles n’en sont pas responsables. Commence ensuite un véritable parcours du combattant. Comme le dit une bénévole : « C’est difficile de sortir des violences, mais c’est possible. »Après le dépôt de plainte, la séparation est un moment délicat, voire dangereux. Désormais, les personnes les plus menacées peuvent d’ailleurs être équipées d’un téléphone portable pour joindre rapidement la police. Il faut aussi trouver un endroit où se cacher. On suit Anne, qui s’installe avec ses quatre garçons dans un appartement après s’être enfuie de chez elle. Des années plus tard, les cicatrices ne sont pas toujours refermées. Coralie, elle, attend avec appréhension le jugement en appel de son ex-mari, qui lui avait tiré une balle dans le visage, après dix ans de brimades et de manipulations. Ce n’est pas par vengeance qu’elle souhaite la confirmation des quinze ans de prison auxquels ce dernier a été condamné mais par besoin que soit définitivement reconnue sa culpabilité. Ainsi seulement pourra-t-elle se reconstruire.Sarah Lebas et Laurent Dy sont parvenus à faire témoigner d’anciennes victimes qui se racontent à visage découvert, sans fard. Le documentaire ne tombe ni dans le pathos ni le dans le sordide. Il décrit simplement le combat de femmes qui veulent changer de vie, mais également le travail d’« invisibles » : médecins, avocats, juges, assistantes sociales, associations, bénévoles, policiers… Les anciens bourreaux ne sont pas oubliés. Pour ces hommes qui ont martyrisé leur épouse, concubine ou petite amie, sortir de la violence est aussi un processus long et compliqué.