Le Parrain (The GodFather) 1 2 3 FRENCH

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Le Parrain (The GodFather) 1 2 3

The Godfather 1972 : En 1945, à New York, les Corleone sont une des cinq familles mafieuses de la ville. Don Vito Corleone est le Parrain de cette famille. Sollozzo, dit « le Turc », qui est protégé par le Parrain de la famille Tattaglia propose à Don Vito une association dans le trafic de drogue. Mais celui-ci refuse, car il risquerait d’y perdre ses appuis politiques. Sonny, son fils ainé, y est quant à lui favorable. Afin de traiter directement avec Sonny, Sollozzo décide de faire tuer Don Vito qui réchappe miraculeusement à l’attentat. Commencent alors une série de représailles qui amèneront Michael, le frère benjamin de Sonny, à devenir le nouveau parrain?

The Godfather 1974 :A la mort de Vito Corleone c’est son fils, Michael, qui reprend les affaires familiales. Très vite, son ascension dans le milieu mafiosi est fulgurante. Amené à négocier avec la mafia juive, il perd le soutien d’un de ses lieutenants, Frankie Pentageli. Echappant de justesse à un attentat, Michael tente de retrouver le coupable.

The Godfather 1990 : En 1979, âgé de près de soixante ans, Michael Corleone souhaite faire entrer les affaires de « la famille » dans la légalité. Il multiplie les dons à l’église et s’est attiré les bonnes grâces de l’archevêque Gilday, directeur de la banque du Vatican. Gilday au bout du rouleau, lui demande une avance de 669 millions $. Il accepte en échange de l’acquisition du contrôle d’une importante société immobilière Banco Immobiliare détenue par le Vatican. Sur le plan de sa vie privée, Michael désespère de trouver un successeur. Son fils unique lui annonce en effet sa volonté de devenir chanteur d’opéra. Pendant ce temps, un gangster du nom de Joey Zasa fait exécuter tous les mafiosi de la commission à Atlantic City

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Critique :

Destinée à nous faire patienter jusqu’à la sortie du prochain film (L’Idéaliste, en salles le 22 avril), cette double ressortie ­ dans une luxueuse édition vidéo et dans une belle salle parisienne ­ de la trilogie du Parrain permet aussi de vérifier ce qu’on soupçonnait déjà : la saga de Francis Ford Coppola n’a pas pris une ride. Peut-être parce qu’elle n’a jamais été conçue comme telle. A l’inverse de tant de faux « classiques » qui se mettent à sentir la poussière dès qu’ils ont reçu l’onction suprême (parions que ce sera le destin de Titanic, trop ouvertement néoclassique pour être durablement viable), les trois films ont conservé intact leur pouvoir de fascination. D’abord parce qu’ils se répondent au lieu de se contenter de se suivre. Ensuite parce que chaque nouvel « épisode » réussit l’exploit d’être supérieur au précédent. Enfin parce que Le Parrain 3 reste l’exemple unique d’un film réalisé plus de quinze ans après son prédécesseur, avec l’enregistrement surréel du vieillissement de ses comédiens et le changement complet du statut de son auteur ­ qui épousait alors de façon troublante la déchéance de son principal personnage, Michael Corleone.

Commencée comme un pari commercial gage d’une future liberté artistique, poursuivie dans l’attente d’une confirmation, achevée dans le doute et l’espoir d’une embellie, la trilogie de Coppola porte les stigmates de sa fabrication chaotique. C’est un monument, certes, mais dont il n’existera jamais aucune visite guidée, tant ses secrets ne seront jamais tout à fait livrés, tant ils resteront inépuisables et soumis à toutes les métamorphoses. Chaque spectateur s’y retrouvera toujours. Mais le reflet proposé sera à chaque fois différent, toujours à réinventer, à chaque vision nouvelle. C’est le propre de la grande oeuvre. Les trois Parrain constituent une seule et même ville, une capitale mouvante qu’on peut arpenter en tous sens, au seul risque de s’y égarer en chemin, jusqu’à déboucher sur une place restée secrète. Le Parrain sera toujours plus fort et plus ample que sa légende, pourtant considérable, avec ses passages obligés (la transformation physique de Brando), ses signes de reconnaissance (la rengaine de Nino Rota) et ses morceaux de bravoure (la séquence du baptême). Il demeure l’inverse exact d’un film comme Autant en emporte le vent, parfait exemple du faux « classique » et de la vraie croûte, si inférieur à son mythe qu’il a fini par lui devenir totalement réductible.

Avec le premier épisode, Coppola ­ alors âgé de 33 ans, s’en souvenir laisse rêveur ­ commence par trouver l’écriture adéquate, son phrasé propre. Fondée sur la présence théâtrale des comédiens, le soin maniaque mais nullement tapageur apporté aux décors et aux costumes et l’amplification subtilement graduée de solutions narratives déjà anciennes (le montage parallèle, l’exemple le plus évident), cette écriture violemment classique permet de surprendre tout en rassurant, de faire passer en douceur le rythme lent de l’ambition romanesque par le biais de brusques accélérations spectaculaires (le meurtre de Sonny, fauché à Penn et à Peckinpah, fonctionnant comme une véritable citation). En fondant son système, c’est la notion de durée longue que Coppola commençait par récupérer à son profit. Moins naturellement épique qu’un Sergio Leone (ça ne lui viendra que plus tard, avec Apocalypse now), mais aussi ambitieux que lui (Il était une fois en Amérique peut être vu comme une synthèse idéale et décalée des trois Parrain), Coppola va ensuite s’attacher à faire fructifier son bien. Ce sera Le Parrain 2, ou comment la notion de temps vient remplacer celle de durée.

Du récit linéaire d’une ascension, on passe à un dispositif en miroirs. Dans son désir fou de rattraper le temps perdu qui a précédé la reconnaissance tardive entre son père et lui ­ le fils préféré ­, Michael Corleone utilise la légende familiale comme un référent absolu. Il y puise son modèle de gouvernement. Sans se rendre compte que ce passé a tourné au sépia, qu’il n’est plus qu’une suite de vignettes, figées et dévitalisées par leurs récits successifs, inadéquates à éclairer le présent. C’est en voulant interpréter la vie de son père, en laissant planer sur lui cette ombre indéchiffrable, que Michael se transforme peu à peu en ogre. Jusqu’à se retrouver enfin seul avec son fantôme. Dans cette seconde partie, Coppola prend donc le risque de l’illustration. C’est déjà la tentation de l’enluminure ­ qui, près de vingt ans plus tard, empêchera sa version de Dracula de se déployer pleinement. Mais ici, les fondus enchaînés entre les victoires du père et les erreurs du fils n’ont rien d’outré ni de décoratif. Ils résonnent comme la superbe traduction plastique d’un mouvement dialectique, comme l’empêchement mortifère des formidables capacités d’adaptation de Michael. Ils viennent réchauffer sans heurts l’impassibilité glacée d’un homme prisonnier d’un regard porté sur lui.

En entreprenant Le Parrain 3, d’abord sans enthousiasme excessif puis avec l’ardeur de celui qui tient à faire le point en utilisant les créatures de son bestiaire, Coppola va saturer le temps diégétique de son propre échec, de ses propres remords, mais aussi et surtout de son désir jamais rassasié d’expérimentations ­ seraient-elles camouflées derrière la nécessité de se refaire une santé commerciale. D’où l’impression de confusion orchestrée qui se dégage de ce dernier épisode. Le Parrain 3 a l’énergie de la contradiction. Pour Coppola, il s’agit de clore la série tout en l’exacerbant, de compléter la figure tout en se refusant à en faire une somme. La partie cubaine du Parrain 2 avait déjà entrouvert la voie de l’Histoire. Ici, elle cesse d’être une toile de fond pour se muer en un véritable carburant fictionnel. D’autre part, Coppola revendique à visage découvert l’aspect opératique déjà omniprésent dans les deux épisodes précédents. Répétées au moins pour la troisième fois, toutes les scènes « obligatoires » (les célébrations d’événements familiaux, les massacres, les trahisons et les vengeances qui en découlent, le passage de témoin entre le Parrain et l’héritier qui a surgi) sont traitées sur un mode volontiers digressif. Le baroque affleure sous le classicisme, il vient perturber ses motifs récurrents. Au lieu d’opter pour l’apaisement attendu, Coppola dynamite son édifice. Traversé par des courants contradictoires, Le Parrain 3 est d’une beauté explosive. Et son dernier plan résonne comme un ultime défi, comme le refus définitif de faire la scène attendue : vu de loin, une silhouette s’affaisse sur sa chaise, c’est tout et ça suffit ­ pas de dernier soupir, pas de gros plan appuyé, juste le prélèvement du fragment nécessaire.

Coppola, on le retrouve aussi ces temps-ci en librairie. Fidèle à son sujet, la monographie que Iannis Katsahnias lui consacre ne ressemble à rien de connu. En lisant cet ouvrage émouvant et singulier, on songe à la phrase que répétait Johnny dans Détective de Godard, à propos de Lord Jim comme étant le livre capable de répondre à toutes ses questions. Pour Katsahnias, l’oeuvre de Coppola semble remplir la même fonction. Intégrés dans un corpus qui va de Lévinas à Baudelaire en passant par Chrétien de Troyes, les films sont pris comme les jalons qui scandent l’unité et la cohérence de la réflexion évolutive d’un artiste authentique. Nulle fatuité dans cette débauche de références et de citations mais la volonté de faire sienne une oeuvre mal comprise, car trop souvent perçue comme une entreprise mégalomane qui aurait échoué plutôt que comme un gigantesque effort pour réconcilier l’intime et le spectacle, l’autobiographie murmurée et l’évolution inéluctable de l’outil cinéma. Afin de mieux nous faire profiter de sa connaissance intime de la geste du cinéaste, Katsahnias adopte une structure circulaire ­ constituée à la fois d’analyses détaillées des films et de leur constante mise en perspective thématique ­ qui lui permet de saisir comment Coppola ne cesse de marcher dans ses propres traces, selon son degré de liberté, au gré des occasions qui s’offrent à lui. A l’inverse de la plupart des ouvrages de ce type, son livre ne prétend pas épuiser son sujet mais en propose une vision. Alliant la rigueur de l’analyste à un vrai bonheur d’écriture, Katsahnias parvient à nous la faire partager. Ce qui fait de ce livre une grande réussite de littérature critique et une lecture indispensable entre deux épisodes du Parrain.